mercredi 29 juin 2011

Cela n’arrive pas qu’aux autres ou comment internet peu détruire votre modèle économique


Internet a changé beaucoup de choses dans nos vies, mais il a aussi précipité la fin de certains modèles économiques. Les maisons de disques ou les majors du cinéma en ont fait l’expérience. Le responsable a vite été identifié le piratage, un peu trop vite peut-être.

Que dire du conservatisme de ces entreprises qui ont voulu s’accrocher à leurs vaches à lait coûte que coûte ? Alors qu’internet permettait de télécharger n’importe quel album ou film, leur stratégie n’évoluait pas les albums étaient toujours en magasin à des prix qui ne correspondaient plus à la réalité, la place de cinéma augmentait toujours et il fallait attendre des mois et des mois la sortie d’un film en DVD. Pire au lieu de proposer des solutions répondant aux nouveaux types de consommation ces entreprises ont réussi à imposer grâce au lobbying une taxe de copie privée sur tous les supports numériques. Leur combat a continué avec le soutien de nos politiques, cela nous a donné Hadopi ou comment défendre des intérêts privés avec de l’argent public. Dernier fait d’arme, la plainte d’Universal Music contre le site de streaming Deezer. Ce dernier a au moins le mérite de proposer une alternative au piratage, pendant ce temps là qu’ont fait ces entreprises à part aller contre le sens de l’histoire, ont-elles vraiment cherché à construire un nouveau modèle économique ?

Cette révolution touche aujourd’hui un domaine qui me tient particulièrement à cœur, le monde de la photo. Ici les raisons du changement sont liées au web mais pas seulement, la technologie numérique et la multiplication de la pratique ont aussi leur rôle. Car pour la photo il n’est pas question de piratage, ce sont certains photographes eux-mêmes qui sont responsables de la fin du modèle économique. En effet, entre ceux qui distribuent leurs images libres de droits pour quelques centimes via les microstocks et les amateurs prêts à donner leurs photos pour un peu de reconnaissance, le marché est radicalement transformé. Pour certains clients la photo n’a donc plus aucune valeur et aujourd’hui il n’est pas rare que dans un projet chaque intervenant soit rétribué à hauteur de son travail sauf le photographe. Au final, les agences photos traditionnelles qui défendaient les intérêts des photographes se sont faite balayer par les microstocks, qui eux ne défendent que leur propre intérêt.

Pourtant d'autres ont su voir le développement du web comme une opportunité. Apple, il est vrai bien aidé par le succès de son Ipod, a été un des premiers à démontrer qu’on pouvait gagner de l’argent en vendant de la musique sur internet. Netflix démontre qu’il peut en être de même avec les films. Certains artistes comme Radiohead ou Pearl Jam avec son Ten Club nous ont aussi démontré que d’autres voies étaient possibles. Dans la photo, certains positionnés sur des marchés de niche arrivent encore à survivre, mais pour combien de temps ? D’autres gagnent plus d’argent avec leurs formations qu’avec leurs images, et d’autres voies restent sans doute encore à découvrir.

Il ne faut pas se voiler la face, le changement est toujours difficile. Cependant l’expérience montre qu’il est illusoire de lutter à contre courant, et qu’il vaut mieux essayer de tirer parti du changement. Facile à dire, pas forcement facile à faire. Et si dans votre secteur internet devait bouleverser les habitudes établies, sauriez-vous comment tirer parti de la situation ?

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